« Pourquoi cela serait à moi de faire des efforts pour changer ?”. “Si l’autre n’est pas formé à la CNV, rien ne va bouger ! »
Quand j’accompagne ou que je forme une équipe, notamment lorsqu’il y a des tensions relationnelles*, je suis parfois confrontée à ce genre de réflexions. Et j’y réponds d’abord en incitant les personnes à s’interroger :
«Quelle est votre intention dans cette situation ? »
« Si votre intention, c’est de vivre des relations plus apaisées, alors le processus de CNV va vous redonner du pouvoir d’action. Dans un monde d’interdépendances, en exerçant votre pouvoir d’action, vous pourrez initier des changements, même petits. Et vous verrez ainsi de nombreuses évolutions se faire autour de vous, par capillarité.”
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*Évidemment, je ne parle pas ici de formations imposées par des organisations qui souhaiteraient utiliser la CNV comme outil de manipulation, pour tromper leurs salariés ou autres demandes éthiquement discutables auxquelles nous sommes parfois exposés en tant que formateurs en CNV.
La CNV : du changement individuel au changement collectif – Retrouver du pouvoir d’action
La Communication NonViolente nous aide à retrouver du pouvoir d’action. En référence à l’outil de Stephen COVEY «les cercles d’influence », la CNV nous permet d’identifier les choses qui ne dépendent pas de nous (le cercle des préoccupations) et celles qui dépendent de nous (cercle de contrôle) afin d’être en mesure de les activer et ainsi, contribuer à faire bouger les lignes (cercle d’influence).
Comment La CNV nous permet de retrouver du pouvoir d’action ?
En apprenant à prendre soin de soi, en sortant de la réaction et de la recherche d’un coupable à l’extérieur.
Prendre soin de soi, c’est commencer par ralentir, respirer et ressentir ce que je vis à l’intérieur.
Lorsque je vis un événement désagréable, je commence par écouter mes sentiments et mes besoins.
En prenant conscience de comment je me sens et de ce que j’aimerais vivre, je peux alors formuler une demande, à moi ou à l’autre.
Améliorer les relations en équipe, c’est savoir faire preuve d’empathie envers soi (auto empathie) et envers les autres, c’est comme le dit Marshall Rosenberg « Connect before correct ».
Si moi individu, je me connecte à mon pouvoir d’agir au lieu d’être dans la réaction (soumission, fuite, attaque) alors en tant qu’élément d’un système, en agissant différemment, je vais avoir un impact différent dans le système.
« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Albert EINSTEIN
Diffuser progressivement une culture de la coopération
Effet domino, effet boule de neige ou effet papillon, on l’appelle comme on veut, ce qui est certain c’est que si nous sommes plusieurs à le mettre en œuvre au sein d’une équipe, une culture de la coopération va diffuser progressivement. S’en suivront des impacts notables et durables sur l’organisation.

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Prenons un exemple concret pour illustrer le pouvoir d’action et sa façon de le mettre en œuvre.
Vous êtes manager d’une équipe et vous recevez une directive vous demandant de mettre en place un nouveau protocole dans la relation client. Cette directive vous parait inadaptée. Vous ne comprenez pas pourquoi elle est mise en place alors que tout fonctionne très bien actuellement. Vous vous sentez frustré.e et en colère, tout comme les autres membres de votre équipe. Si vous faites le pas de côté pour vous écouter, vous devriez être en mesure, dans cette situation :
– d’identifier pourquoi vous êtes en colère par-rapport à cette nouvelle directive
– de prendre conscience de ce qui est important pour vous. Par exemple : “comprendre”. Et donc demander un entretien à votre n+1 pour qu’il vous explique les raisons qui ont donné lieu à cette directive.
– de travailler avec votre équipe en mettant en place un espace d’écoute permettant de verbaliser et d’écouter les frustrations, de mettre en évidence les besoins de chacun et d’en prendre soin tout en mettant en application la directive de façon collective.
“Sois le changement que tu veux voir dans le monde” Gandhi.
Exercer son pouvoir d’action au sein d’une organisation : prendre conscience de l’interdépendance
Le triangle des besoins
La CNV nous aide également à prendre conscience de l’interdépendance dans les relations. Pour faire prendre conscience de l’interdépendance, j’aime bien parler du triangle des besoins.

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Dans l’environnement professionnel, chaque personne en tant que telle vit des choses et interagit avec sa personnalité, sa sensibilité. Elle a aussi un rôle, un métier, une fonction avec des responsabilités et dans ce rôle elle vit des événements, interagit avec ses collègues dans leurs propres rôles sur des sujets professionnels qui les concernent.
Elle est aussi membre de son organisation, de son entreprise, de son équipe de travail. En tant que tel vit et interagit avec les autres membres de cette organisation qui appartiennent à ce même environnement.
Ce modèle fonctionne pour tout type de système ou des humains vivent et interagissent.
Et, dans chacune de ces dimensions, elle a des besoins qui peuvent être différents. Le triangle des besoins met en évidence que chacun fonctionne, au sein d’une organisation, en relation avec les autres, en interdépendance.
La CNV : intégrer une nouvelle façon d’être au monde pour passer du changement individuel au changement collectif
Ce que l’on fait, ce que l’on dit (et même ce que l’on tait !) a des impacts sur les personnes avec qui nous interagissons. Collés à nos rôles, nous oublions parfois que l’autre est aussi une personne avec ses propres besoins et que les besoins sont aussi légitimes les uns que les autres.
Mes interventions en milieu professionnel visent à développer la conscience de l’interdépendance, et cela contribue à passer du changement individuel au changement collectif.
Concrètement, en entreprise, par exemple, j’invite les équipes avec lesquelles je travaille à mettre en place des espaces d’écoute. Ces temps s’inscrivent dans une vision préventive. Ils permettent de prendre conscience des besoins de chacun et donc d’agir avant que des problèmes de communication ne génèrent des incompréhensions, voire des conflits.
Marshall Rosenberg a toujours envisagé la CNV comme un moyen de faire évoluer les êtres humains et les relations pour produire des transformations sociales profondes. C’est un des points fondamentaux de la Communication NonViolente : intégrer une nouvelle façon d’être au monde, d’interagir permet de créer d’autres rapports au sein de la société. La CNV permet de passer du changement individuel au changement collectif. Et ça fonctionne aussi en entreprise 😉
Si vous souhaitez explorer comment la CNV peut améliorer les relations en entreprise, et au-delà, contactez-moi et discutons-en !
« Si j’utilise l’empathie pour aider les gens à être moins déprimés, à mieux s’entendre avec leur famille, sans les inspirer à utiliser leur énergie pour transformer rapidement les systèmes dans le monde, alors je fais partie du problème. J’utilise essentiellement l’empathie comme un narcotique. » Marshall Rosenberg